
bella vita
sans argent, contre les marchandises
pour l'autogestion
L'argent est à tout moment le régulateur du quotidien
entre chaque individu, car les choix que nous faisons sont dans tous les cas
imposés : voler travailler cultiver sur l'île heureuse complètement
autonome, à chaque fois nous sommes les esclaves des marchandises qui
nous entourent et nous faisons partie nous aussi de l'internationnale des consommateurs.
Le vol permanent, le travail alternatif, la communauté agricole... prétendre
que ce sont des choses efficaces pour renverser l'ordre des choses est illusoire.
Ce sont tout au plus des pratiques valables pour la démerde. Par conséquent,
les propositions et les discussions qui tourneront autour des différentes
manières de se procurer de l'argent ne nous intéresseront pas,
car ce à quoi nous aspirons c'est justement l'élimination définitive
de la marchandise et de l'argent.
Ce qui nous intéresse, c'est leur destruction -dans ses formes les plus
diverses- et la création de rapports nouveaux. En prenant la responsabilité
et bien conscients des mille contradictions que chaque expérience peut
comporter. Nous voulons la belle vie ici et maintenant.
Nous proposons donc une rencontre internationale de critique sur le rôle
des consommateurs et producteurs de marchandises. Tout au long de ces huit jours,
nous tenterons de reléguer l'argent et ses implications à un rôle
qui soit le plus marginal possible.
Toutes les initiatives seront "sans argent" : il n'y aura ni clients,
ni charité chrétienne, ni palliatifs tel que le troc ou autre
forme de services rendus. Aucun succédané de caviar, uniquement
des libres échanges intimes...
Toute contribution sera essentielle : concerts, vidéo, perfo, idées,
produits typiques et participation non spécialisée.
bella rita tue bella vita
Nous nous déclarons contre le travail, entendu comme offrande de nos
capacités manuelles et intellectuelles afin de produire d'autres richesses
et de contribuer au maintien de l'Etat. Le travail est aujourd'hui synonyme
d'exploitation et d'aliénation, il n'y a pas d'échappatoire.
De l'aliénation de l'homme-robot dans l'usine, l'illusion d'indépendance
de la libre entreprises, à la philantrophie qui ne réussit pas
à masquer le contrôle social exercé par les éducateurs
ou les bénévoles, enfin de compte la merde du travail ne nous
épargne pas. Chacun de nous a essayé de se dérober aux
huit heures d'aliénation quotidiennes, chacun accepte sans illusion les
compromis légaux ou illégaux. Nous ne nous battons pas pour des
conditions de travail meilleures ni pour un travail autogéré,
nous désirons encore moins laisser à l'Etat la possibilité
de nous mettre le couteau sous la gorge en faisant peser sur nous le chantage
du salaire garanti : un demi salaire en échange de la promesse de rester
à sa place.
Il y a une autre "belle" idée qui plaît à certaines
gens : faire l'artiste, gagner de l'argent en se faisant plaisir.
Beaucoup de gens ont trouvé le moyen d'affirmer leur personnalité
non seulement en vendant leur musique, peinture ou passions dans un marché
alternatif déjà saturé (punk, grunge, rap) mais aussi en
innovant et lançant des modes : du zoo des mutoïdes aux ravers professionnels
qui réussissent plus que les jongleurs et autres babas à concilier
leurs "trips" avec l'argent.
Mais nous "nous ne travaillerons jamais"! Malgré notre sens
critique du travail, nous avons peut-être sous-estimé sa raison
d'être première : le chantage; la suite logique de ce chantage
c'est l'argent et le pouvoir que celui-ci confère. Nous n'avons jamais
été confrontés à l'abolition de l'argent, nous avons
seulement essayé de l'utiliser différemment.
Au Barrocchio nous avons toujours théorisé l'importance de notre
autogestion en refusant toute forme d'assistanat externe et interne (nous refusons
de nous faire entretenir par nos gentils clients). C'est pour cela que la rénovation
de notre "ruine" s'est faite du toit à la chambre noire, du
potager à la piola (bar à vin) sans jamais impliquer de profit
de notre part, mais seulement le plaisir de transformer un endroit à
notre convenance et de nous en donner les moyens. Nous avons recyclé,
récupéré et acheté le materiel dont nous avions
besoin, nous avons distillé la grappa et cuisiné, mais la nourriture
nous l'avons payée comme tout le monde. Cela nous a semblé un
moyen correct pour permettre à chaque activité de s'autofinancer
et à chaque "autogestionnaire" de maintenir sa dignité,
sa propre indépendance dans une économie sans but lucratif ni
financement extérieur. Ces mêmes critères sont partagés
par d'autres groupes d'autoproduction, de distribution musicale ou autres liés
aux squats. Malgré l'usage de l'argent nous avons toujours fait circuler
notre matériel sans en tirer profit comme le font imprimeurs, librairies
et autres disquaires qui pour distribuer nos idées nous rackettent.
Même si notre système "économique" fonctionne,
le contact avec d'autres réalités nous a donné envie de
le remettre en question.
Bella Vita est née comme ça. C'est une idée qui pousse
à éliminer l'argent des rapports, à se responsabiliser
individuellement sur des choix convenus et pratiqués ensemble.
Il a été nécessaire et très plaisant d'abolir les
rôles qui se créent souvent lors des rencontres à thème
(organisateurs, cuisiniers, barman). C'est bien mieux de recommencer à
zéro, de voir l'intérêt et l'envie de faire naître
spontanémént. Il est inévitable de resentir ennui et fatigue
lors de rencontres programmées de a à z (débats pilotes,
bouffes substantielles, pauses prévues). Merci à l'organisation,
mais quelle tristesse! Comment s'investir dans ces conditions?
Ce qui nous est arrivé pendant cette semaine expérimentale, et
après aussi, c'est un vent de liberté, l'infusion d'une joie fugitive
et la nette impression que les moments de plaisir ne sont pas bornés
aux stéréotypes habituels. La convivialité existe aussi
dans des trucs considérés comme des corvées (nettoyer,
faire les courses, ranger,...).
La qualité, ce n'est pas le produit le plus cher au supermarché
mais une façon de le déguster tous ensemble. Se bouger collectivement
pour trouver à manger aiguise l'envie de cuisiner ; avec la créativité
il devient facile d'oublier l'argent. C'est plus naturel que de devoir payer
ou pire demander à quelqu'un 5000 lires pour la bouffe. Yeah! Excitant
tout ça, mais si ça s'arrétait là on pourrait mourir
d'ennui, nous et le champagne. Ce qui prime c'est la recherche d'affinités,
pas seulement les affinités de comptoir mais les affinités qui
naissent dans la vie quotidienne. Tout ce qui coince avec la tentative "bella
vita" est immédiatement mis en discussion ou au moins soulevé.
Exemple : la consommation excessive de ce qui est gratuit juste parce que c'est
gratuit nous emmerde. C'est seulement l'expression du gaspillage et du goût
de la quantité seulement. C'est comme attendre que tout tombe du ciel
ou mettre les pieds sous la table chez maman : il n'y a ainsi aucun moyen de
comprendre et de ressentir la vie autogérée et partagée.
Etre assisté par une structure autogérée, en admettant
que celui qui se bouge ait envie de se faire parasitaire, signifie exercer une
espèce de pouvoir de la pitié pour être avec les autres.
Cela signifie aussi exploiter leurs ressources créatives et donc se complaire
dans une semi-conscience volontaire et commode : comme ceux qui cherchent refuge
dans le travail, dans le couple, dans la drogue, dans l'alcool (comme nous),
dans le silence pour assurer leur tranquilité et la paix sociale.
Bella vita n'est pas une solution immédiate, c'est clair, mais elle tend
à la destruction de l'argent qui s'insinue même dans les situations
apparemment libérées. C'est par exemple dans les squats un phénomène
très répandu : le barman punk, le client sympa, le consommateur
alternatif qui amène l'oseille, qui a bonne conscience et attend son
verre sans jamais remettre en question ses certitudes.
Bella vita doit sortir, franchir les frontières rigides du squat ou du
cercle d'amis. Elle doit faire des kilomètres, changer de quartier, de
ville, sinon elle reste une énergie qui se meurt, qui s'étouffe
en trimbalant l'abrutissement et l'ennui d'une élite.
Ce qui stimule, ce sont les nouvelles expériences, celles où l'on
invente des situations. Renoncer à la foule des bars et des boîtes
ou des grosses machines à s'amuser et cibler directement la qualité des nouveaux rapports.
La situation créée par la Bella Vita est un point de départ.
Un repas sans argent sur une place renommée du centre-ville, ou un concert
sauvage avec un bar sans barman et sans clients ne sont pas considérés
comme une fin en soi. C'est pour nous le début d'une recherche : participer
vivement à travers l'expression créative plutôt qu'accepter
les garanties qu'offre l'argent (moins de fatigue) et la stérilité
qu'il produit. Tout le monde prend part activement à l'évènement.
Il n'existe plus d'organisateur qui assiste et sert le client alternatif plus
ou moins ennuyé. Il n'y a plus de bar parce que le bar c'est toi si tu
veux. De cette manière nous avons surmonté la condition d'assisté
(condition bien ancrée d ans l'italiota, italien idiot) de la famille
et de l'Etat, du barman punk. Etre tout de suite acteur, à la première
rencontre.
Le fait que nous cherchons à gommer l'argent de nos rapports ne signifie
pas que tout devient gratuit pour tout le monde. Nous ne sommes jamais allés
devant les usines ou les écoles pour convaincre les masses, et nous ne
comptons pas plus les séduire en les nourrissant. A Cottolengo (Emmaüs
local), les gens rampent pour prendre le plus possible : il y a gratuité
et misère. A l'inverse, quand il n'y a personne pour prodiguer ses richesses
et créer une dépendance, le discours se fait plus intéressant
; chacun participe comme il lui plaît, cassant les rôles et la spécialisation
: une boufée d'air frais. Les prestations ne sont pas dues, elles sont
dictées par le plaisir de participer. Donc il nous faut écarter
l'échange qui est seulement un moyen primitif de commercer. Je ne fais
pas "ça" pour avoir "ça", ou plus. Je fais.
Nous donnons tout pour une idée, pour une situation. Quand on aime on
ne compte pas. Bella vita a tué Bella vita. Bella vita est à inventer.
La vita non è bella.
C'est clair que pour commencer et développer des discours de ce type,
ce n'est pas faire la révolution. Mais cela améliore et complète
des expériences. Les marchandises ne vont pas disparaître. Une
fois franchi le seuil de la maison du bonheur, il y aura de nouveau l'argent.
Ce qui nous intéresse, c'est de nous donner de nouvelles possibilités
pour vivre mieux ensemble, pour faire des actions à l'extérieur,
pour autoproduire. En nous donnant les moyens de faire fonctionner cette pratique
nous sautons quelques étapes obligatoires et évitons de faire
faire à d'autres moyennant finances ce que nous devrons faire payer à
d'autres. Faire un classement ou une liste des possibilités évoquées
ne nous intéresse pas. L'important est de pouvoir imprimer une affiche
ou un livre, organiser un concert sans les assurances que procure l'argent.
Une chose volée ne fonctionne pas mieux qu'une chose payée. Le
vol n'est pas la solution, c'est une pratique imposée, comme le travail.
Nous prenons où il y a sans penser à redistribuer les richesses
ou à entreprendre une pratique révolutionnaire. C'est une obligation
qui disparaitra comme le travail, dans une vie meilleure.
Nous espérons qu'il y aura toujours plus de possibilités sans
argent. pas seulement des bouffes avec des bouteilles plantées dans le
cul. Qui n'a perçu la Bella vita que comme un épuisant banquet
romain ne s'est pas plus impliqué qu'un client passif ou un pigeon voyageur.
Bien sûr que nous aimons bien boire et bien manger. Nous aimons aussi
la viande saignante. Nous aimons aussi sortir du ghetto des spaghetti et nous
confronter à de nouvelles tribus.
De nouveaux discours et projets ont démarré en juin à la
Bella Vita, même s'il nous reste de nombreuses questions à résoudre.
Nous cherchons un équilibre qui nous permette de faire ce qui nous intéresse.
Mais bon, basta pour aujourd'hui.
Nous devons aller tenir la caisse de soutien à Marco et Marcus qui sont
en taule.
La Bella vita est un hasard qui ouvre l'appétit.
BAROCCHIO OCCUPATO.

cappucino blues
bella vita, juin 96
Une fille etun garçon se promènent dans la ville.
On dirait presque une salle d'attente, un hall de gare, un cinéma permanent
qui projette éternellement le même vieux documentaire. Un documentaire
qui serait filmé d'un train avec toujours les mêmes usines, les
mêmes cheminées, le même immense supermarché où
seule change la langue dans laquelle est écrit le prix des marchandises.
Avec des montagnes et des plaines, de hautes cimes et la mer. Pour couronner
le tout et surtout bien le tronçonner, des kilomètres de parkings
et d'autoroutes pour des milliers de voitures. C'est comme une dérive
dans le vieux turin, avec ses vieilles façades qui dégeulent la
suie du chagrin jamais terminé, avec un marché aux puces qui est
l'un des plus beaux bordels jamais vu, des tramways qui grincent et des carabiniers
qui patrouillent, des milliers d'hectares de cités des années
50-60 et plus.
Avec en proche banlieue, comme dans celle d'une ville plus au nord, un champ
de blé dans une zone industrielle.
C'est un peu comme aller boire un coup tout ça, on marche et on finit
par s'asseoir. Bon, deux cappuccinos qu'il faut bien-sûr attendre.
- la fille : C'est marrant tous ces rideaux verts.
- le garçon : Ouais, assez funny.
- f : Quand je passe quelque part, c'est toujours trop rapide, je me demande
toujours ce que vivent les gens...
- g : Turbin, turbin et des fois bye-bye turbin, comme disaient les punks et
les communards.
- f : Monte sur mes reins et trépigne, disait Rimbaud à Verlaine
ou le contraire...
- g : jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux.
- f : Peut-être, en tout cas les érotiques de Verlaine sont carrément
porno. Et ici c'est hors le temps et au bout du monde et je me sens prolétaire.
- g : Ce putain de monde est une immense usine-territoire. Les chaînes
de montage sont en Corée mais on est toujours obligés de pointer,
devant un clavier d'ordinateur ou en interim. Ou lécher des bottes pour
un RMI...
- f : En tout cas hier, tous sur notre 31 sur la place à hurler "bellavita" au nez des carbiniers...
- g : Z'ont cru qu'ils allaient cramer. Ils le mériteraient bien. Le
miafiori est un immense entrepôt vide et pour un lancer d'oeuf ou un graffiti
tu plonges.
Tiens, les cappuccinos arrivent. Ca fait du bien au milieu d'hectolitres d'alcools
divers et variés. Puis le garçon et la fille parlent de leur baraque.
- f : Des fois, c'est comme si le reste du monde n'existait plus.
- g : Yes. Plus que des vraies maisons de papier, des rêves de chateaux
de sable que la bise écroule un jour ou l'autre...
Après de longs silences, doux et un peu acres comme un cappuccino dans
l'estomac. Viens alors le temps de se lever, de payer (la moitié du prix)
et de rejoindre les autres.
IAN TAVOX
ETE 96

vivamente alla prossima bordaba
Bella vita n'est pas un label, elle est une fois Boulan, une fois Bella vita, une fois Voltigeur, elle pourrait être Bordaba ou tout autre, l'idée est ailleurs. Bella vita est une idée qui circule, se singularise, s'affine au fil des bandes qui la font leur. Bella vita est un mouvement issu de discussions, d'agards, de curiosité, de doutes. Bella vita voit donc se réunir une assemblée de drôles qui saississent toutes les possibilités de pousser plus loin encore la critique du monde, qu'ils expriment déja à travers leurs livres, leurs journaux, leurs lieux de vie, leurs expérimentations et leurs apparitions publiques. Bella vita est comme son nom l'indique. Bella vita a, avec simplicité, des initiatives compliquées. Bella vita est généreuse. Bella vita aime avec humour. Bella vita n'a rien de quelconque. Bella vita est une confrontation de voleurs, de démerdards, d'alternatifs cherchant différemment mais conjointement comment inventer des rapports sociaux libérés de celui qui les contient tous : l'argent. Bella vita dit vouloir couper la tête de l'argent.Bella vita n'en a coupé que le bras. Bella vita est une critique en actes. Bella vita se restreint par trop aux plaisirs de la table. Bella vita coûte cependant cher à ceux qu'elle ravit. Bella vita existe quand la rencontre devient connaissance. Bella vita aime la bonne chair. Bella vita est punk sans être no future. Bella vita n'aime pas les riches. Bella vita n'aime pas la misère. Bella vita oublie que la question de l'argent doit se poser dans le monde et non dans son monde. Bella vita se veut riche de tout. Bella vita est jeune et exagérée. Bella vita doit être la critique de Bella vita.
Bella vita dit ne pas aimer les communistes et oublie que certains
de ses hôtes le sont. Bella vita est à la recherche de la communauté
perdue. Bella vita est plurielle de langues, de pratiques. Bella vita ne singe
aucune idée, elle ne se singe pas elle-même. Bella vita demande
à l'hôte de devenir hôte. Bella vita c'est ici et maintenant.
Bella vita prend le temps de discuter sans discourir. Bella vita joue de la
musique. Bella vita joue de son apparence. Bella vita s'habille et distribue
costumes et robes pour festoyer. Bella vita n'est pas une culture de la marge.
Bella vita aime à construire sans dénier la destruction. Bella
vita a à voir avec la révolution. Bella vita joue de l'ironie
avec ses ennemis. Bella vita pose le problème et donne le plaisir de
le résoudre. Bella vita sait dans quelle sorte de monde nous vivons.
La chaleur et l'ivresse aidant, Bella vita, le soir venu, danse s'échauffe
se désabille, émoustille. Bella vita est sensuelle. Bella vita
quelque fois cultive ce qu'elle mange, distille ce qu'elle boit, même
si ses hôtes le regrettent parfois. Bella vita mange trop de spaghettis.
Bella vita aime les banquets dans ses lieux, puis dans la rue. Bella vita est
la découverte d'une ville. Bella vita est une assemblée de gens
beaux carrien ne semble leur faire peur. Bella vita regarde, se filme, se photographie.
Bella vita est sacrément narcissique. Bella vita est heureuse du moment
sans s'y complaire. Bella vita peut imaginer un concert sauvage sur une des
plus belles places de turin, l'inauguration nocturne et insolite d'une piscine,
puis se poser, réfléchir à tout ce qu'elle implique. Bella
vita est une étoile filante qui voudrait filer plus qu'un instant.
PARIS ETE 96

une semaine de bella vita
Une semaine de Bella Vita, j'aimerais la vivre tous les jours...
C'est une expérience passionnante sur le thème de l'argent et
de son dépassement au niveau des rapports humins.
Il n'est pas question d'échange (je le considère comme un parent
pauvre de l'argent), point de vie de misère, pas de pâtes au beurre
ni de patates bouillies, mais au contraire des banquets riches et moult vin.
Tout en sachant que je n'ai pas trouvé la formule magique : ce n'est
pas "peace and love", ce n'est pas du "bolino". Avec nos
différences de languages et de conception de la vie (français,
suisse, italien).
Je pense que cette situation a été concluante, tout en ayant conscience
que cela n'est possible que dans certains moments.
Nous le savons, le travail, l'argent nous fait souffrir ; il est profondément
ancré dans nos mentalités que la valeur que nous attribuons à
chaque objet ou produit dépend automatiquement de son coût.
Des fois la gratuité dérape vers le gaspillage, le non-respect
des choses, la petite satisfaction personnelle.
Il y a quelques années, il y a eu à Barcelone une rencontre internationale
anarchiste sur la guerre d'espagne ; les "gardiens du temple" étaient
là! J'ai pu voir un autel qui renfermait des pièces de monnaie
frappées du sceau de la CNT. J'étais impressionné qu'ils
aient utilisé un des principaux instruments de domination de domination
dans une période de si grands boulevrsements. Sans vouloir entrer dans
les détails de la fin de la guerre civile. Je veux croire que s'ils avaient
réussi leur expérience révolutionnaire ils auraient aboli
la monnaie. Peut-être leur était-il plus facile de remplacer l'argent
de l'Etat par un pseudo "fric révolutionnaire".
Tou ça pour dire qu'il n'y a pas de réponse simple : même
si l'illégalité n'ouvre pas de nouveaux horizons, voler tout le
temps ne cause pas de dommages à la propriété et ne change
pas l'état des choses. Ce n'est qu'une solution temporaire qui ne peut
concentrer toutes les énergies ni provoquer de grands changements si
au préalable il n'y a pas eu de réflexion ni de théorisation.
Parler de redistribution des richesses n'est pas très convaincant, l'époque
des Robins des bois est terminée et peut-être bien que je me fous
des déshérités dont je ne me sent pas responsables de la
misère, et de plus, un monde nous sépare. Ce qui est sûr,
c'est que je me sens bien mieux dans des relations affinitaires où le
dépassement de l'argent a lieu.
A partir de là, il ne reste plus qu'à expérimenter, et
bienvenue aux "journées contre l'argent".
SIMON (modena)

considerazioni poco profonde sui miei tre giorni di bella vita
Soldi chiamano soldi...
e oggi ho cosi tanto interesse di lavorare che non posso perdermi questa occasione
di stravaccare in mezzo a quintali di cibo preparati per ingrassare i miei sogni.
Soliti sbrocchi alcolici che vanno e vengono sulle frequenze di una vita in
cui "non lavoreremo mai" appare in grande sul mio corpo tatuato ed
in picolo su uno stupido scione! Che il mio libretto di lavoro è ancoravergine
nonostante la possegga da dieci anni. E' forse una scommessa con le maggiori
delusioni che sto incontrando in tanti viaggi che mi permettono solo di conoscere
in piccolo, o meglio di striscio altre realtà cosi diverse dalla mia
ma cosi uguali nel bisogno di soldi? Viscidi nelle nostre tasche bucate... soldi
che spendo per la mia bella vita di siempre. Viverla a Torino è stato
come erigere un grosso interrogativo che ora forte si insinua nelle pieghe della
oia corteccia cerebrale e all'infinito delle mie gesta cerco una riposta che
mi accontenti un minimo, come un bimbo vago nella mia ricerca ma proprio non
trovo una soluzione perchè se il tutto passa attraverso l'edonismo spicciolo
dei litri di vino consumati aggratis allora la bella vita a cui aspiro è
di certo deversa dalla sperimentazione torinese del giungo '96... perchè
la mia bella vita la voglio vivere tutti i giorni e annaspando nelle viscere
del cobra finora non ho mai lavorato cosi metà della mia bella vita l'ho
consumata a fare altro! Cozzare/scrotare a torino significa bella vita?
Cucinare di fila 6/8 ore è sinonimo di bella vita? Sprecare il cibo per
giocare a tiro a segno me indica il tenore di una bella vita? Un'assemblea a
notte fonda dopo la cena in Pza Carignano mi suggerisce la pausa tra la bella
vita che finisce e quella che ancora deve initiare? Belle parole stavo appunto
aspettando di poterle leggere - con cura cerchero di correggere i miei orrori
sempre se ai fini di una communicazione reale questi sbagli possano passare
altrove e cosi raggiungere quello che in verita ho voglia di lasciarvi ma non
nello sforzo di giornate spese a sognare "belle vite" intercciate/annodate
per corpi appesi proprio sul lanccicante bagaglio di riccerche ed equilibri
fra immagini e parole.
Psylocibe per una bella vita che durerà solo il tempo di un altro sballo
e se la bella vita a cui aspirate è solo una finestra che si affacia
sulle miserie del mondo quella a cui aspiro io è invece un balcone che
crolla per la nostra miseria. Scrivere in modo sconnesso. questi falsi rpporti
mi distruggono nonostante le belle speranze per una bella vita che brucia adesso...
torte vegan e seitan in porzioni spropositale... questi non-sensi mi destruggono
- come un piaga che ancora deve guarire cosi, le medicine (naturali e non) che
siano gratis o solo e metà prezzo indicano vie insicure peruna bella
vita che non dura piu di un solo animo-attimo, oggi scrivo con la sinistra forse
per andare piu andare piu piano ma le cose che ho visto in questi fragmenti
non appartengonoalla bella vita che sogno e se avessi diversi modi per esprimermi
cercherai ben altro da scrivere ma i rapporti spessi e inconcludenti fanno parte
della bella vita di torino e nonostante la mia calma e lucidita vengo richiamato
"aggratis" per via delle lamentele dei vicini ai quali la bella vita
non appartiene se non per i pochi metri di distacco dai piu casinari, che bella
vita o no, vogliono divertirsi come sempre. Poco importa se il messagio da decifare
è composto dalla mancanza dei soldi e chissà se il denaro ci puo
aiutare a vivere meglio quando i nostri rapporti sfiorano il ridicolo e se adesso
non ho biglietti verdi vuol dire che la mia bella vita la scrocco ai piu ricchi
ma l'enorme pesantezza che continua a distruggermi mi insengna che io non sono
cio che possiedo cosi forse sarei uguale anche con mezzo milliardo da spendere
o mi transformerei in un accattivante businessman?
Quante parole spes per communicare nulla e chissa se, infine, qualche sprovveduto
lettore carpirà le mie sillabe incrostate di accidia e inchiostro? ...
Che la mia bella vita oggi lunedi muore per risorgere dopo tre giorni è
un equazione che mi ritroverei a dover risolvere cosi decido in fretta che la
mia bella vita c'è communque quando supero i miei stati d'andoscia non-produttiva
il mio essere lunatico gioca spesso con la mia forza di creare bella vita nei
significati piu espri mi ritrovo a festeggiare il mito, fatto a pezzi, di una
vita che prorio bella non è. La ragione della mia fuga doppo 72 ore di
"cool life". Tutto questo spreco di cibo e forza mi stava realmente
distruggendo... e che voi adesso leggiate i miei motivi puo bastare a comprendere
le mie voglie forse piu da vicino ma probabilmente siete cosi presi dalla vostra
soddisfazione per un' altra iniziativa targata "Squatters Torino"
andata bene che non vorrete perdere tempo perzioso per rileggere queste s/considerazioni
poco affabili e scritte in modo poco serio e troppo veloce da un individuo che
"spesso" non è... VISCIDE COMPLICAZIONI DI UN MINUTO
DA DISTRUGGERE IN TODO.
Raffaele (Foggia).